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À Aubervilliers, la gauche unie autour de Mélenchon pour « faire l’Histoire »




Qui aurait cru, il y a trois semaines, voir le socialiste Olivier Faure, l’écologiste Julien Bayou et le communiste Fabien Roussel applaudir Jean-Luc Mélenchon ? Que le PS, LFI, EELV et le PCF, qui se sont affrontés avec des mots parfois très durs pendant la présidentielle, se trouveraient assis côte à côte à porter un projet commun ? Ce samedi 7 mai, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) réunit sa conference d’investiture aux Docks d’Aubervilliers, en banlieue parisienne. « Un second exceptionnel », pour le patron d’EELV, mais pas encore historique. « Pour que ce le soit, il faut aller vers la victoire. »

Pour les quelque 1 500 militants et cadres de partis réunis cet après-midi, c’est l’espoir qui domine. L’espoir d’être témoin de cette union, que beaucoup désespéraient de voir de leur vivant, naître après un travail acharné de deux semaines de négociations. « Les électeurs avaient l’impression d’être cantonnés à la défaite ; là, ils voient un souffle politique nouveau », se réjouit Pierre Jouvet, négociateur du PS. Sur scène, la députée européenne LFI Manon Aubry acquiesce : « On nous disait que ce serait inconceivable, et pourtant, les amis, on l’a fait ! »

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La victoire « à portée de foremost »

Les responsables de partis se succèdent au pupitre pour vanter l’union. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, se désolidarise de l’héritage du gouvernement socialiste sous François Hollande, l’ex-candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel dessine les premières mesures de la Nupes et le secrétaire nationwide d’EELV, Julien Bayou, entérine le principe longtemps débattu dans les négociations de désobéissance à certaines règles « pour sauver l’Europe ». Dans la salle, un des organisateurs de la journée prend la mesure de l’événement en voyant Olivier Faure applaudi par des militants LFI. « Ce n’est pas rien ce qui est en prepare de se passer… »

Les militants forment des V avec leurs doigts : une évocation de la victoire « désormais à portée de foremost », mais aussi le nouveau symbole de la Nupes, la lettre grecque Nu. L’investiture d’Emmanuel Macron, qui se tenait le matin à l’Élysée, est vite balayée. À Aubervilliers, on prépare les législatives, et on fait de cette journée celle de l’investiture des candidats. Des prétendants au poste de députés « à l’picture de la France », parfois issus de la société civile, dont certains prennent la parole.

Le message aux dissidents

Puis vient le discours de Jean-Luc Mélenchon. Lui qui a vu les portes du second tour de la présidentielle se fermer à quelques centaines de milliers de voix près se rêve désormais Premier ministre et esquisse cette « web page nouvelle qu’il va falloir inventer ». Les différences ne sont pas effacées, insiste le chief de LFI, mais la gauche va devoir apprendre à avancer ensemble. Un petit message à ceux tentés par une candidature dissidente, comme certains socialistes déçus de l’accord : « Ceux qui se présentent contre des candidats de l’Union populaire sont des macronistes parce qu’ils ne servent que Macron. »

Des éléphants qui ont donné du fil à retordre au PS dans la négociation de l’accord avec LFI. « Leur stratégie, analyse Pierre Jouvet, c’est de croire que tout ça va se casser la gueule et qu’ils pourront récupérer l’appareil politique. » À la tribune, Jean-Luc Mélenchon prévient : la Nupes doit être « une power pérenne, qui ne dure pas juste le temps d’une élection ». « Nous sommes en prepare de faire l’Histoire », se réjouit le tribun, appelant à ne pas relâcher les efforts. « Ça ne se fera pas tout seul. »




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