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A l’Assemblée nationale, l’examen du projet de loi sur le passe vaccinal suspendu à la suite des propos d’Emmanuel Macron


Suspension de séance à l’Assemblée nationale après les propos d’Emmanuel Macron dans « Le Parisien », à Paris, le 5 janvier 2022.

Assiste-t-on aux prémices d’une crise politique sur la stratégie sanitaire du gouvernement, à cent jours de l’élection présidentielle ? Pour la deuxième soirée consécutive, l’examen du projet de loi visant à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal a été suspendu à l’Assemblée nationale. A en croire les députés de la majorité comme ceux des oppositions, venus en nombre dans l’hémicycle mardi 4 janvier, une impasse s’annonce sur ce douzième texte lié à la gestion de la crise sanitaire.

A l’origine du trouble, des déclarations du président de la République, Emmanuel Macron, dans les colonnes du Parisien, rendues publiques mardi peu avant 21 heures, pendant la suspension de séance. « Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie », a t-il déclaré. Cette phrase a suffi à déclencher la bronca dans l’hémicycle.

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Toutes les oppositions ont dès lors perturbé jusqu’à la fin de la séance les discussions sur le passe vaccinal à coups de rappels au règlement et de suspensions de séance. Trois au total. A peine une cinquantaine d’amendements avaient pu alors être examinés.

C’est Fabien Roussel, le candidat communiste à l’élection présidentielle, qui a été le premier à ouvrir le concert des condamnations. « Nous voulons savoir si nous sommes ici pour amender un texte de loi visant à emmerder les non-vaccinés ? », a t-il interrogé. Son collègue Sébastien Jumel (Seine-Maritime, PC) s’est voulu plus cinglant encore. « Il s’agit d’un Benalla sanitaire ! » Tour à tour, les élus ont exprimé leur indignation, le règlement de l’Assemblée nationale brandi bien haut, dans un vacarme assourdissant.

« Un texte qui invente la déchéance de citoyenneté »

« Je suis favorable au passe vaccinal mais je ne peux pas cautionner un texte qui a pour objectif d’emmerder les Français », a dénoncé le patron du parti Les Républicains (LR), Christian Jacob. « Les paroles du président de la République déshonorent sa fonction et notre Assemblée », a tancé le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignant. « Nous ne continuerons pas à discuter d’un texte que vous avez présenté comme celui de la protection des Français (…) et qui est un texte qui invente la déchéance de citoyenneté », s’est indignée Mathilde Panot, la présidente du groupe La France insoumise (LFI).

Le député LR des Côtes-d’Armor Marc Le Fur, qui présidait la séance, a tenté de poursuivre l’examen des amendements. En vain mais sous les applaudissements de la majorité, qui cherchait à couvrir les huées et le claquement des pupitres des élus LFI et LR. « Nous refusons de laisser des gens mourir alors que c’est évitable », a martelé Olivier Véran, avant d’ajouter : « Si vous lisez en détail l’intervention du président de la République (…), vous verrez que l’intention est avant tout une intention de protection de la population. »

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