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Accord pour les législatives PS-LFI : le grand soir d’Olivier Faure




Le Finistère râle, l’Hérault grogne, la Haute-Garonne peste. Dans tous ces départements, qui sont autant de fiefs, le PS n’a aucune likelihood, ou presque, d’envoyer un représentant à l’Assemblée. Là comme ailleurs, les fédérations socialistes ont découvert sans trop y croire la liste des circonscriptions législatives généreusement octroyées par les négociateurs de La France insoumise à leurs homologues du PS. Au whole, les candidats socialistes se présenteront seuls dans 70 circonscriptions. Enfin, seuls, façon de parler : déjà, les barons locaux du PS préparent leurs propres poulains à la dissidence.

Le président du conseil départemental de l’Hérault, Kléber Mesquida, un proche de la présidente de l’Occitanie Carole Delga, a annoncé qu’il présenterait des candidats sous sa bannière ; Delga en fera de même dans plusieurs départements de l’Occitanie. « Elle ne parle pas de dissidence, dit-on dans son entourage, mais elle souhaite dans sa région des candidats avec un ancrage native et des valeurs qui correspondent aux siennes. Elle sera à leurs côtés à ces circumstances. » Le message est assez limpide : la présidente de l’Occitanie ne fera pas campagne pour un candidat lié aux Insoumis, elle qui a, durant la campagne présidentielle, critiqué les preparations de Jean-Luc Mélenchon avec la laïcité et la République.

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La fronde des fédérations va-t-elle bouleverser le conseil nationwide du PS, qui se tient ce soir afin d’avaliser l’accord signé avec LFI ? C’est possible, même si le patron du PS, Olivier Faure, dispose d’une majorité sans doute suffisante. Il vient de recevoir l’appui de Martine Aubry. Dans un communiqué, la maire de Lille approuve l’accord, sans grand enthousiasme. Elle assortit son assentiment d’importantes réserves, notamment sur l’Europe. D’autres maires de grandes villes, telles Johanna Rolland (Nantes) et Nathalie Appéré (Rennes), soutiennent aussi Olivier Faure. Mais chacun peut avoir un intérêt particulier dans cet appui. La maire PS de Rennes doit ainsi composer avec une majorité fragile, constituée d’écologistes, de communistes et de membres de Génération.s. Il ne s’agit pas de perdre le soutien de ses alliés locaux en dénigrant l’accord signé entre leurs leaders.

D’autres ténors l’ont déjà dit : ils voteront contre l’accord. C’est le cas de Carole Delga, qui vient de l’annoncer dans une lettre ouverte. Elle cite, à l’appui de sa décision, Clemenceau : « Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le braveness de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le braveness de le faire. » La présidente de l’Occitanie est particulièrement mal servie. La Haute-Garonne, terre toute rose, a droit à une obole, avec deux maigres circonscriptions. L’Ariège n’en a aucune, pas plus que l’Hérault, fameuse contrée socialiste. Autre exemple, plus au nord : le Finistère n’a droit qu’à deux circonscriptions réservées, dont l’une verra un sure Richard Ferrand se présenter. Autant dire que le candidat socialiste devra être un kamikaze face au président de l’Assemblée nationale…

Les miettes pour le PS

Si le PS devait sauver une vingtaine, voire une trentaine de sièges (ceux des députés sortants sont en majorité protégés), les Insoumis ont veillé à ne leur laisser que des miettes. À l’inverse, le parti mélenchoniste a parachuté des candidats au profil étonnant dans des fiefs socialistes. C’est le cas du journaliste Taha Bouhafs et du gendre de Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Amard, qui concourront tous deux dans le Rhône.

Très affaibli après la déculottée d’Anne Hidalgo à la présidentielle, le PS ne pouvait sans doute que sauver les meubles. Olivier Faure était d’autant plus démuni que, selon certains, les écologistes ont joué solo : dès la fin du premier tour, Julien Bayou, leur chief, have a tendency la predominant à Jean-Luc Mélenchon. Certes, il ne se précipite pas au siège de LFI les yeux fermés. Il pose certaines circumstances à une alliance aux législatives. Mais le patron d’EELV négocie d’abord, assurent certains socialistes, des circonscriptions pour lui-même, à Paris, et pour ses proches. Il tope avec Mélenchon le premier. Fabien Roussel fait de même. Le PS n’a plus qu’à suivre : seul, il n’existe plus.

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« Olivier Faure voulait d’abord négocier avec les écolos et les communistes en vue du premier tour des législatives, mais l’accord entre Bayou et LFI l’en a empêché », dit un ténor du PS. « Les écolos nous ont tués », dénonce un autre. Une model que réfute Christophe Clergeau, un proche d’Olivier Faure : « Oui, il aurait été mieux de discuter à quatre, avec LFI, les communistes et les écologistes. Mais l’alliance est notre imaginative and prescient depuis le départ. Il y a un nouveau paysage né de la présidentielle, avec trois blocs. S’unir avec LFI, c’était la seule possibilité pour faire exister le bloc de gauche. S’il est divisé, il n’existe pas au deuxième tour. » Olivier Faure, qui a sauvé sa circonscription, tentera ce soir de convaincre les 300 membres du conseil nationwide que le PS doit sa survie à un accord qui l’affaiblit tant.




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