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Attaque djihadiste : le Burkina Faso décrète un deuil national




Un nouveau deuil national de deux jours a été décrété ce dimanche par le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré à la suite de la pression djihadiste qui continue à faire des victimes dans le pays. Cette semaine, des djihadistes présumés ont frappé et causé la mort de 41 civils et supplétifs de l’armée, les Volontaires de défense pour la patrie (VDP), dans la zone de You (Nord). « La mission de ratissage sur la zone d’embuscade (…) a établi un bilan de 41 corps », affirme un communiqué du porte-parole du gouvernement Alkassoum Maïga. Parmi les victimes, figure Ladji Yoro, considéré comme un leader des VDP au Burkina Faso, précise le communiqué.

Hommage à Ladji Yoro, emblématique Volontaires de défense pour la patrie

Dans sa lutte contre les groupes djihadistes, l’armée burkinabè, faible et mal équipée, s’appuie sur ces « VDP », supplétifs civils formés en deux semaines et qui paient un lourd tribut. Le président burkinabè avait déjà rendu hommage vendredi à Ladji Yoro. « Cet intrépide Volontaire pour la défense de la patrie doit être le modèle de notre engagement déterminé à combattre l’ennemi », avait tweeté le chef de l’État. Le ministère des Armées avait de son côté salué « l’héroïsme de Ladji Yoro » qui « a combattu jusqu’au sacrifice suprême ». Aucun bilan de cette embuscade n’avait toutefois été annoncé par l’exécutif. « L’identification des victimes est toujours en cours », indique le communiqué du gouvernement qui « condamne avec fermeté cette barbarie ».

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C’est l’exaspération à tous les étages

Selon plusieurs médias burkinabè, cette embuscade de djihadistes présumés visait jeudi un convoi de commerçants, escorté par des VDP. Cette attaque est la plus meurtrière depuis celle d’Inata (Nord), mi-novembre, où 57 personnes, dont 53 gendarmes, avaient été tuées, suscitant l’exaspération de la population. Deux semaines avant cette attaque, les gendarmes d’Inata avaient alerté l’état-major sur leur situation précaire, disant manquer de nourriture et s’alimenter grâce au braconnage. Des centaines de Burkinabè étaient descendus dans les rues de Ouagadougou le 27 novembre pour réclamer le départ de l’exécutif, accusé d’être incapable d’enrayer les violences djihadistes.

Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés djihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique qui ont fait au moins 2 000 morts et 1,4 million de déplacés. La zone des « trois frontières », aux confins du Mali et du Niger, est particulièrement touchée. Début décembre, le gouvernement avait été limogé et un nouveau Premier ministre, l’ancien fonctionnaire onusien Lassina Zerbo, nommé. De nombreux ministres, y compris à des postes clés, comme la Défense, la Sécurité, ou l’Économie, avaient toutefois conservé leur portefeuille. Le président avait appelé au « rassemblement » pour vaincre le « terrorisme ».

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