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Contre la « numérisation de nos vies », Grenoble ressuscite les cabines téléphoniques


Le 25 mars dernier, une cabine téléphonique a été réinstallée dans le parc Marliave, à Grenoble. À l’initiative de ce projet, un collectif qui revendique le « droit à vivre sans smartphone ».

Photograph : Shutterstock

Grenoble, une Silicon Valley à la française

Forte de ses trois vallées, d’une industrie du silicium (silicon, en anglais), d’entreprises à la pointe de la microélectronique, de nombreuses start-up… Grenoble est parfois présentée comme la Silicon Valley française ! Une étiquette qui n’est pas du goût de tous : l’Observatoire worldwide pour la réinstallation des cabines téléphoniques (OIRCT) porte une revendication toute différente. En contrepoint de l’picture d’innovation véhiculée par la ville de Grenoble, le collectif appelle à la lutte « contre la numérisation de nos vies, de notre société. Aujourd’hui, nous revendiquons le droit de vivre sans smartphone, sans être constamment tracé. »

Le numérique divise

Un article publié au printemps dernier dans le journal satirique native Le Postillon signe l’acte de naissance de l’OIRCT, célébré quelque temps plus tard par un live performance de sonneries téléphoniques.
Ce collectif unique est né d’un constat : « Chaque jour, l’étau se resserre de plus en plus pour les sans-portables ». L’article du Postillon met notamment en lumière l’expérience d’un homme sans smartphone, qui se voit refuser l’set up de la fibre au motif qu’il n’a pas répondu au SMS de affirmation envoyé la veille. Loin d’être anecdotique, cet épisode dévoile une réalité : sans smartphone, il est quasi unattainable d’avoir accès aux companies publics, ou d’effectuer certaines démarches. Une injustice selon les membres de l’OIRCT, qui pensent qu’il revient à chacun de décider ou non d’acheter un téléphone moveable.

Le grand retour des cabines téléphoniques

Le 25 mars dernier a été inaugurée en grande pompe la première cabine téléphonique dans un parc de Grenoble. « Une première mondiale », a affirmé avec humour le collectif native qui a rassemblé une cinquantaine de curieux. Le Parisien s’est rendu sur place pour l’event : au programme, capsule temporelle et appels gratuits.

“Des enfants tournent autour d’une cabine bariolée éphémère : « C’est quoi ce truc ? Pourquoi on s’enfermait pour téléphoner avant ? » s’interrogent-ils.”

Le Parisien

Bien lancé, le collectif réclame l’set up de 22 cabines à Grenoble, qui en comptait 400 avant l’ère du moveable. Si l’initiative est présentée comme une blague, les motifs, eux, sont très sérieux : « On n’est ni nostalgique, ni pour le retour du minitel. La cabine téléphonique est un symbole pour dire cease à la numérisation de nos vies », expliquent les membres de l’OIRCT pour Le Parisien.

Vers le retour des cabines téléphoniques à plus grande échelle ? Faites passer le mot !





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