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Gaël Perdriau : «Demandons à Emmanuel Macron un contrat de gouvernement»




« La réalité ne pardonne pas une seule erreur à la théorie », écrit Léon Trotski. Aucune erreur donc, surtout celle de n’être qu’une projection d’une hérésie. Mon parti, comme je l’ai déjà écrit, se meurt, petit à petit, faute de s’être adapté à la réalité des évolutions de la société, ce qui l’a conduit à proposer des options sous un prisme idéologique ambigu, souvent contraire à l’héritage politique de notre République. Désormais, l’situation de l’élection présidentielle impose aux Républicains, alors qu’ils ont été absents, tout comme en 2017, du deuxième tour, de tenir compte des réalités de notre société, faute de quoi ils devront accepter leur marginalisation progressive dans le débat public.

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Pour ma half, j’ai réclamé que les cases de ma formation se réunissent afin d’examiner la possibilité de concourir, au niveau gouvernemental, à la future majorité présidentielle. Apporter notre contribution intelligente et exigeante ne saurait être un reniement de nos convictions. À l’heure où la France traverse une crise économique, sociale et sociétale sans précédents, à l’heure aussi où la parole publique se trouve remise en trigger sans cesse et enfin au second même où la guerre rattrape nos illusions de vivre dans un monde globalisé en paix, ma famille politique ne peut se tenir à l’écart sans prendre le risque d’être sévèrement sanctionnée, une fois de plus, par nos concitoyens.

Trois défis

Participer de façon exigeante revient à demander au président de la République un véritable contrat de gouvernement permettant, d’une half, d’identifier les défis à relever et, d’autre half, de préciser les moyens à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs assignés. Aujourd’hui, nous devrions nous accorder, me semble-t-il, sur trois défis majeurs.

La France est confrontée à une crise sociale d’une grande ampleur dont le mouvement des Gilets Jaunes a été le révélateur. Le président ne peut ignorer que si le chômage recule, la qualité même des emplois créés laisse à désirer. Le mythe que nous serions séparés du plein-emploi par une easy rue à traverser, n’est pas sans rappeler l’aveuglement de Herbert Hoover, président des États-Unis, qui, en septembre 1929, voyait la « prospérité au coin de la rue ». On sait ce qu’il advint quelques jours plus tard lors du krach de Wall Road.

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C’est pourquoi, fidèles à l’héritage politique qui est le nôtre, nous devons exiger qu’une grande politique sociale soit enfin menée prenant en compte les évolutions profondes du travail. La révolution numérique change sa nature même et nous devons proposer un nouveau Pacte, attaché aux principes de notre République sociale qui nous permette aussi de définir de nouvelles politiques publiques en matière d’éducation, formation, santé, logement ou companies publics.

La France est, par ailleurs, confrontée au défi imposé par la transition environnementale et énergétique. Le dernier rapport du Giec est venu confirmer ce que la pandémie a révélé, à savoir l’extraordinaire fragilité écologique d’un monde conduit par une humanité, ivre de ses certitudes, qui doit apprendre à vivre plus sobrement.

C’est pourquoi, notre famille politique doit, fidèle à l’héritage légué par Jacques Chirac, assumer ses responsabilités au second où la maison brûle. Il est temps de prendre complètement le virage du développement sturdy afin de jeter les bases d’une nouvelle croissance économique pleinement suitable avec les limites de notre planète.

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Enfin, la France doit relever le défi de la crise de la parole publique. Nous l’avons vu avec le mouvement des Gilets Jaunes et la pandémie, les pouvoirs publics sont systématiquement suspectés de ne pas dire la vérité et de cacher des faits. Les décisions prises, souvent dans des situations extrêmement complexes, occulteraient, désormais, des arrières pensées qui viennent renforcer le climat complotiste ambiant.

Société fragmentée

C’est pourquoi, il nous appartient, fidèles à l’héritage gaulliste, de rétablir l’autorité de l’État non en promouvant une imaginative and prescient de l’motion publique, dogmatique ou jupitérienne, mais en favorisant le dialogue entre les pouvoirs publics et les citoyens. Rétablir la qualité de la parole publique est un impératif si nous ne voulons pas que le seul mode de régulation des conflits ne devienne la violence.

Notre société est profondément fragmentée par quarante années de politiques néolibérales qui ont affaibli, au nom de logiques purement financières, l’motion de l’État sur tous les plans. Si nous voulons réconcilier la France avec elle-même nous devons agir concrètement afin de restaurer la confiance des Français dans les véritables atouts de notre pays.

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Le président de la République saura-t-il entendre cet appel des Français à la building d’une authentique union nationale ?




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