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la démission du premier ministre Abdallah Hamdok met fin à la fiction d’une transition démocratique


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Le Soudanais Abdallah Hamdok a démissionné de son poste de premier ministre le 2 janvier 2022. Karthoum, 21 août 2019.

Le masque de démocrate égaré ayant perdu ses marques, sa réputation et ses principes pour protéger des militaires en train de tirer sur la population civile, a fini par tomber. Placé dans une position intenable de caution du coup de force réalisé par les responsables de l’armée au Soudan fin octobre 2021, le premier ministre Abdallah Hamdok a démissionné, dimanche 2 janvier. Cela faisait plus d’un mois qu’il tentait de faire bonne figure en jouant sa propre marionnette, après avoir été d’abord détenu en résidence surveillée. Dimanche soir, à la télévision, il a avoué son impuissance, pour justifier sa démission, mais aussi dit son pessimisme, jugeant que la « survie » du Soudan est « menacée ».

La transition soudanaise, élaborée après le renversement de la dictature islamo-militaire d’Omar Al-Bachir, en avril 2019, devait conduire civils et militaires à gouverner de concert et réformer le pays afin de l’amener à des élections générales. Dans ce cadre, Abdallah Hamdok, premier ministre, assurait talentueusement la fonction de technocrate compétent ayant fait carrière dans les institutions internationales, et devant se retirer au moment du scrutin pour regagner ses chères études. Il n’en a pas eu l’occasion.

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Chaos orchestré

Le 25 octobre, un coup d’Etat mené par le général Abdel Fattah Al-Bourhane, avec l’assentiment de ses alliés à l’extérieur du pays – notamment l’Egypte, les Emirats arabes unis et Israël –, mais également le soutien de diverses forces en uniforme soudanais et celui d’ex-rebelles du Darfour, avait renversé la transition. De nombreux responsables politiques civils étaient arrêtés, dont Abdallah Hamdok.

Détenu pendant un mois à son domicile, privé de soins médicaux essentiels, soumis à d’incessantes intimidations, Abdallah Hamdok avait fini par céder aux pressions des responsables du putsch et feint de croire à la fiction d’un retour à la normale supposé « mettre fin au bain de sang » au Soudan, selon ses propres dires. Ce sang versé était celui des manifestants réclamant avec ténacité, sous les balles, le retour de la démocratie dans les rues soudanaises, et qui croyaient à leur premier ministre, dont ils arboraient le portrait, jusqu’à sa « trahison » du 21 novembre.

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Mais l’expression renvoyait aussi à un chiffon rouge, plus large, agité par les responsables du coup d’Etat. Ces derniers, pour justifier leur acte, avaient recours à un raisonnement nébuleux, consistant à jouer sur la peur d’un affrontement entre… leurs différentes composantes, aussi bien au sein des services de sécurité, de l’armée, des services de renseignement, des Forces de soutien rapide du général Mohammed Hamdan Daglo, alias « Hemetti », ou encore d’une poignée de factions ex-rebelles du Darfour. En réalité, une partie du chaos ayant précédé le coup d’Etat avait été orchestrée par ces mêmes composantes armées, afin de justifier le passage à l’acte du 25 octobre.

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