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la gauche estime qu’Emmanuel Macron est responsable de la montée de l’extrême droite, l’exécutif continue de cibler Marine Le Pen


C’est une responsabilité que ses opposants comptent bien lui faire porter. Anne Hidalgo, candidate PS à l’élection présidentielle, ainsi qu’Adrien Quatennens, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, ont pointé du doigt, vendredi 1er avril, la responsabilité d’Emmanuel Macron dans la montée de Marine Le Pen et de l’extrême droite dans les sondages, alors que la candidate du RN est donnée face à lui au second tour, comme en 2017.

« Quand (…) on fait en sorte que le paysage politique totalement explosé soit un paysage dans lequel il n’y aurait plus qu’un candidat qui serait soi-disant le candidat d’une forme de raison, et en face l’extrême droite, on joue avec le feu et effectivement tout est doable », a estimé Anne Hidalgo sur LCI.

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Fustigeant la « brutalité sociale » du chef de l’Etat, Adrien Quatennens a estimé de son côté, sur Public Sénat que « ces gens-là [Emmanuel Macron et ses soutiens] participent à la development de l’extrême droite dans notre pays, à pressure de casser l’Etat social, notre modèle de safety sociale ».

« M. Macron a des larges responsabilités dans le climat qu’il a installé dans le pays », selon M. Coquerel

« Qui d’autre que M. Macron a banalisé les idées d’extrême droite en plaçant notamment des lois à l’Assemblée nationale, des lois sécuritaires, discriminatoires, comme la loi sur les séparatismes », a interrogé de son côté le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel sur CNews. Les candidats d’extrême droite « Eric Zemmour et Marine Le Pen n’ont plus qu’à se baisser pour développer leur potentiel électorat », a-t-il estimé.

« M. Macron a des larges responsabilités dans le climat qu’il a installé dans le pays, donc il ferait mieux de faire une autocritique par rapport à ça », a insisté l’élu « insoumis », jugeant que le vote pour Jean-Luc Mélenchon serait « la meilleure manière » de combattre à la fois « le hazard de l’extrême droite » et « l’extrême libéralisme de M. Macron ».

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Alors que Marine Le Pen a dépassé le seuil des 20 % d’intentions de vote dans certains sondages pour le premier tour du 10 avril, Emmanuel Macron, donné en tête à quelque 28 %, a attaqué jeudi « le tandem d’extrême droite » Le Pen-Zemmour, regrettant que leurs idées soient « banalisées » par « les médias » et « les forces politiques républicaines », mais a assuré que, lui, ne l’avait « jamais » fait.

En 2017, le soir de son élection, le candidat élu avait promis qu’il « ferait tout » durant son quinquennat pour qu’il n’y ait « plus aucune raison de voter pour les extrêmes », une phrase à laquelle ses opposants le renvoient aujourd’hui face à la montée en flèche de Mme Le Pen et l’irruption de la candidature de M. Zemmour.

Jean Castex estime que Marine Le Pen fait preuve de la « démagogie la plus absolue »

A l’approche du premier tour, le candidat président et ses soutiens tentent donc de rediriger son match présidentiel face à l’extrême droite et de la démasquer. Le premier ministre, Jean Castex, est revenu à l’offensif vendredi, en marge d’un déplacement, devant les caméras et micros tendus. Il a considéré que Marine Le Pen « fait croire qu’elle a changé, elle fait croire qu’elle est devenue plus souple, plus centriste, presque, mais c’est de l’imposture ».

Il a par ailleurs attaqué la candidate d’extrême droite et M. Zemmour, ainsi que l’opposition plus largement, sur la non-faisabilité de leurs programmes. Pour lui, la candidate d’extrême droite fait preuve de la « démagogie la plus absolue » en avançant des propositions qui ne sont « pas réalisables » : « Il faut le dire à nos concitoyens, ce n’est pas facile de gouverner un pays comme la France, dans une crise grave, on ne peut pas faire croire n’importe quoi aux gens. »

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« Marine Le Pen et d’autres candidats ne pourront en aucun cas faire ce qu’ils promettent », ils « ne disent pas la vérité aux Français », a-t-il poursuivi, citant par exemple les promesses d’augmentation des « salaires de 10 % », de non-remboursement de la dette ou de blocage des prix de l’énergie.

En déplacement sur le marché de Haguenau dans le Bas-Rhin vendredi, la candidate du RN a jugé « assez lourdingues » les attaques de l’exécutif et des soutiens de M. Macron contre elle. « Lorsqu’on en est à utiliser cette stratégie éculée de la rediabolisation, c’est qu’on a rien à dire sur le fond », a cinglé la candidate d’extrême droite.

« C’est le retour du vieux monde, le moins imaginatif » et « ça ne le mènera pas très loin », a ajouté Marine Le Pen, avant d’ajouter : « Emmanuel Macron ferait mieux de s’expliquer sur son bilan, qui est déplorable » en matière de sécurité, d’immigration et d’emploi, et « éventuellement de débattre idées contre idées ».

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Le Monde avec AFP



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