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Les accidents mortels sur les pistes de ski restent rares mais difficiles à prévenir


La question de la sécurité sur les pistes de ski se pose après les décès d’une fillette britannique, puis de l’acteur Gaspard Ulliel, tous deux survenus dans des collisions sur piste. Des drames rares mais qui interpellent les acteurs de la montagne, qui se disent privés de nouveaux leviers pour prévenir certains comportements dangereux et démunis en matière de sanctions.

« Deux morts en moins d’une semaine, c’est très dur », estime auprès de l’Agence France-Presse Laurent Reynaud, le délégué général de Domaines skiables de France (DSF). Ce dernier rappelle que l’accidentologie moyenne sur les pistes de ski est chaque année « inférieure à dix morts » pour dix millions de pratiquants.

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Les férus de glisse appelés à la prudence

Cette saison, DSF a lancé dans les stations françaises « Vas-y mollo », une grande campagne de sensibilisation invitant à la prudence les férus de glisse, impatients à l’idée de retrouver les pistes après un an de privations pour cause de Covid-19.

« La sécurité sur les domaines résulte de notre travail de sécurisation des pistes, mais aussi du comportement du skieur. Le ski est un sport d’évolution libre et nous sommes les premiers responsables de notre sécurité et de celle des autres », souligne Laurent Reynaud.

« Aujourd’hui, la tendance est d’avoir des pistes bien préparées qui donnent parfois l’impression de bien maîtriser son ski, mais ce n’est pas toujours le cas. Il faut que le skieur ait conscience de son niveau », abonde Claude Jay, président de la Fédération nationale de la sécurité et des secours sur les domaines skiables.

« Le matériel a bien évolué et c’est plus facile de skier plus vite. On est au mois de janvier avec un petit peu moins de monde et de la bonne neige et du bon matériel. Parfois, les gens se laissent un peu aller. Souvent, ils regardent un petit peu trop juste devant leurs skis », confirme à l’AFP Sébastien Gaidet, directeur technique de l’École du ski français (ESF) à La Rosière (Savoie), où a eu lieu mardi l’accident qui a coûté la vie à l’acteur Gaspard Ulliel.

Dans les ESF, où transitent chaque année trois millions d’élèves, consigne a également été donnée aux moniteurs de promouvoir une pratique « plus douce », explique Jean-Marc Simon, leur directeur. « Mais nous faisons face à un public conséquent et divers dans sa façon de pratiquer ce loisir. »

Depuis dix ans, les stations forment également leurs pisteurs-secouristes à interpeller les clients qui n’auraient pas un comportement approprié sur le domaine.

Prévention ou sanctions ?

Si certains professionnels estiment que des « voies d’amélioration » sont encore possibles en matière de signalétique, de balisage et de panneaux de prévention, d’autres soulignent que les domaines skiables en sont déjà suffisamment garnis.

« On ne peut pas aller beaucoup plus loin, sauf à gagner encore du terrain sur les domaines », tranche Bernard-Pascal Mousselard, président de l’Association nationale des directeurs de pistes et de la sécurité de stations de sports d’hiver.

Si le décès d’une fillette de 5 ans, samedi à Flaine (Haute-Savoie), est dû à la vitesse excessive du skieur qui l’a percutée, celui de Gaspard Ulliel ne semble pas avoir été causé par un comportement imprudent. Toutefois, celui-ci ne portait pas de casque au moment de la collision.

Le port du casque, solution ultime ?

Sujette à débats, l’obligation de porter un casque ne constitue pas, pour nombre d’acteurs, la solution ultime.

Pour Jean-Marc Simon, la pratique du ski doit au contraire rester en dehors des dispositions réglementaires. « Il faut avant tout responsabiliser les gens », martèle-t-il auprès de l’AFP.

« Le casque est rentré dans la tenue du skieur. C’est un effet de mode bénéfique à la sécurité », juge au contraire Bernard-Pascal Mousselard. « Mais il n’empêchera pas les mauvais comportements et un effet pervers : avec une protection on se sent indestructible. On devient alors un danger pour soi et pour les autres », fait-il valoir.

« Le casque est obligatoire en Italie, jusqu’à 18 ans. Je souhaiterais que ça devienne obligatoire jusqu’à 18 ans », plaide auprès de l’AFP Sébastien Gaidet, de l’ESF La Rosière.

Quant à la mise en place de sanctions à l’encontre du skieur contrevenant, comme le retrait du forfait aux États-Unis, elle n’est pas encore à l’ordre du jour en France. « En matière de sanctions, nous sommes démunis », regrette Laurent Reynaud.

Le Monde avec AFP



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