Politics

les candidats précisent leurs engagements sur l’éducation, sans convaincre les syndicats d’enseignants


Emmanuel Macron en visite à l’école élémentaire de Bouge, à Marseille, le 2 septembre 2021.

Ils partagent le diagnostic : l’école, éprouvée par deux années de crise sanitaire, mérite qu’on la traite comme une « priorité » et qu’on lui consacre davantage de moyens. Des moyens pour les enseignants, des moyens pour les élèves, des moyens pour les étudiants. Mais passé ce constat, les deux candidats finalistes de l’élection présidentielle ont confirmé, mercredi 20 avril lors de leur face-à-face télévisé, que s’ils étaient élus, ils n’emprunteraient pas les mêmes chemins.

Sur la query des rémunérations des enseignants, les lignes ont bougé. Surtout du côté du président candidat, Emmanuel Macron, qui s’est engagé à une « revalorisation inconditionnelle » des professeurs. Un sign adressé à cet électorat de quelque 900 000 personnels, à trois jours du second tour. Jusqu’à présent, M. Macron faisait campagne sur une hausse des salaires conditionnée à l’accomplissement de nouvelles missions – remplacement, aide aux devoirs… Un « nouveau pacte » qui, depuis son annonce le 17 mars à Aubervilliers, a crispé les intéressés.

Changement de ton mais aussi d’ambition, ce mercredi : « La revalorisation a commencé sous ce quinquennat, elle se poursuivra et sera de l’ordre d’environ 10 % pour tous les enseignants. Il n’y aura pas de démarrage de carrière sous 2 000 euros, ce n’est conditionné à absolument rien », a assuré M. Macron. Une enveloppe annuelle de 12 milliards d’euros est dévolue à l’éducation.

Lire aussi : Débat Macron-Le Pen : ce qu’il faut retenir du débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle

Le cap du candidat La République en marche reste le même : rémunérer davantage les enseignants qui en feraient plus – l’augmentation « pourra aller jusqu’à 20 % pour celles et ceux qui adoptent les méthodes les plus innovantes », a-t-il affirmé. Mais le président candidat intègre désormais cette approche – qui n’est pas sans rappeler le « travailler plus pour gagner de plus » des années Sarkozy – dans un dessein plus massive : une revalorisation de tous.

Passe d’armes remarquée

En face, la candidate du Rassemblement nationwide, Marine Le Pen, a à peine fait évoluer l’objectif qu’elle s’est fixé pour les cinq prochaines années : une augmentation de 16 % des salaires enseignants d’ici à 2027 – contre 15 % évoqués auparavant – ; soit 3 % par an. Mais cela ne se ferait pas non plus sans contrepartie. Le débat a permis de confirmer que Mme Le Pen prévoit bien d’allonger d’une demi-journée supplémentaire le temps de travail des professeurs. « Ils seront payés en plus pour cette demi-journée au primaire, le mercredi matin », a fait savoir la candidate. Un doable changement de rythmes scolaires qui ne dit pas son nom.

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