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mal placée dans les sondages, quel est son programme ?




HIDALGO. Entre 1 et 3% des intentions de vote dans les sondages, Anne Hidalgo souffre de la présence d’autres candidats de gauche à l’élection présidentielle et ne convainc pas les électeurs. La socialiste promet le 100% renouvelable d’ici 2050 et 5000€ à tous les jeunes.

L’essentiel

  • La campagne présidentielle d’Anne Hidalgo vire à la galère pour la maire de Paris. La première édile de la capitale est inaudible et ne parvient pas à créer de dynamique autour de son projet, malgré l’investiture du Parti socialiste, l’appui de jeunes élus de sa famille politique (Johanna Rolland, Mathieu Klein, Michaël Delafosse…) ou encore le soutien de cadres historiques de la formation (François Hollande, Martine Aubry, Bernard Cazeneuve).
  • Conséquence, la candidate socialiste est au plus bas dans les sondages. Selon les enquêtes sur les intentions de vote au premier tour, elle ne recueillerait qu’entre 3 et 6% des suffrages, en dépit de ses propositions sur la hausse des salaires des enseignants, la baisse de la TVA sur l’énergie, le droit de vote à 16 ans ou encore la baisse de la vitesse sur les autoroutes.
  • Un sérieux revers qui se profile couplé à une autre défaite politique : après avoir appelé ses concurrents de gauche à participer à une primaire populaire, sans succès, elle se retire elle aussi du processus. La maire de Paris a affirmé dans une interview accordée au JDD le 16 janvier qu’elle ne retirera pas sa candidature même si les résultats de ne primaire populaire ne lui sont pas favorables.
  • Toutes les actualités principales de la campagne présidentielle, ainsi que les derniers sondages, sont à retrouver dans notre article dédié au scrutin national.

Dernières actualités

Le doublement des salaires des professeurs est un “objectif”

Le doublement des salaires des professeurs est un "objectif" - Anne Hidalgo ©ISA HARSIN/SIPA

Chronique de campagne du 28 janvier. 18h50. Dès le début de la campagne, Anne Hidalgo a promis de doubler les salaires des enseignants. Depuis les remarques pleuvent sur la proposition de la maire de Paris, notamment sur sa réalisation et son financement, et ont poussé la candidate a reformulé son projet. Le 27 janvier, sur BFMTV, Anne Hidalgo expliquait que le doublement des salaires était “un objectif, un cap”, un discours bien éloigné et plus prudent que celui qu’elle tenait à l’automne 2021. Le doublement n’est pas donc pas prévu dans l’immédiat mais Anne Hidalgo ne renonce pas totalement à son projet d’augmenter les rémunérations des enseignants et propose “qu’on démarre la carrière d’un professeur des écoles à 2 300€ au lieu de 1 700€ et qu’on qu’on termine à 4 000€”.

Pour cette nouvelle grille indiciaire, la maire de Paris fixe la somme plancher à 2 300€ pour que le niveau de salaire des professeurs corresponde avec les rémunérations “qu’ont les personnes avec le même niveau de diplôme, c’est-à-dire bac+5”. Les mesures est donc certes revue à la baisse mais la candidate insiste pour montrer qu’elle n’abandonne pas l’idée. “Les professeurs Français sont parmi les plus mal payés d’Europe, deux fois moins que leurs collègues allemands”, a souligné la candidate socialiste pour prouver l’urgence et la nécessité de sa mesure. Selon elle, la question du niveau de salaire des enseignants est centrale, surtout quand les mobilisations des professeurs des écoles se multiple pour réclamer, entre autres choses, une meilleure rémunération.

Anne Hidalgo à 3% dans le dernier sondage

Chronique de campagne du 28 janvier. 15h38. Le dernier sondage réalisé par BVA et publié vendredi 28 janvier 2022, crédite Anne Hidalgo de 3% d’intentions de vote au premier tour. Un tel score la positionnerait en 8e place, très loin derrière Emmanuel Macron et la droite, mais également derrière Jean-Luc Mélenchon Yannick Jadot et Christiane Taubira.

Anne Hidalgo ne parvient pas à faire décoller sa candidature. La prétendante à l’Elysée serait en passe de réaliser, au mieux, le même score que Benoît Hamon en 2017 (6,36%), qui était le plus faible résultat obtenu par le Parti socialiste pour un scrutin présidentiel. Malgré des soutiens de poids, la campagne s’annonce rude pour Anne Hidalgo, taxée de “parisianisme”.

Hidalgo drague les profs, les jeunes.. et les maires

Hidalgo drague les profs, les jeunes... et les maires - Anne Hidalgo ©ISA HARSIN/SIPA

Chronique de campagne du 27 janvier. 18h08. Engluée autour de 3% d’intentions de vote dans les sondages, Anne Hidalgo peine à sortir de ce marasme. Si elle a estimé sur BFM TV, jeudi 27 janvier 2022, que la campagne présidentielle ‘na pas complètement démarré”, la maire de Paris martèle son programme pour tenter de trouver l’issue à l’impasse de sa candidature. 

Alors qu’elle a revu sa mesure choc de doubler le salaire des enseignants au cours d’un quinquennat – “je dis qu’il faudra aller vers un doublement des salaires, c’est un objectif et un cap”-, elle a annoncé vouloir revaloriser le revenu d’entrée dans la profession : “un professeur des écoles aujourd’hui démarre à 1700, il termine à 2500 euros. Ce que je propose pour aller vers cet objectif de rattrapage, c’est qu’on démarre la carrière à 2300 euros parce que c’est le niveau de salaire qu’ont les personnes qui ont le même niveau d’étude”.

Anne Hidalgo se tourne également vers la jeunesse et veut “faire confiance aux jeunes en octroyant 5000 euros aux Français âgés de 18 ans. “Vous pouvez avoir des jeunes qui vont se regrouper à plusieurs pour créer une association, un projet. Beaucoup travaillent déjà comme ça, se projettent dans leur vie future. Ce capital va leur permettre de développer leur créativité”, croit-elle. 

Des mesures qu’elle entend coupler avec un retour “du service public partout pour faire tenir notre pays”, flattant les maires sur qui elle veut “[s’]appuyer. Je propose qu’il y ait dans la décentralisation du pays un travail entre l’état et les maires pour remettre du service public”. Bon gré mal gré, Anne Hidalgo trace sa route.

Embourbée dans une campagne impossible, Hidalgo refuse de se résigner

Embourbée dans une campagne impossible, Hidalgo refuse de se résigner - Anne Hidalgo ©ISA HARSIN/SIPA

Chronique de campagne du 25 janvier 2022. 15h54. “Je suis Anne Hidalgo. Je suis une femme de gauche et je veux réunir la France”. La maire de Paris ne baisse pas les bras, loin de là. Qu’importe que son meeting à Aubervilliers, samedi 22 janvier 2022, n’ait pas réuni les foules ni enflammé le public présent, qu’importe que ses soutiens de poids montés avec elle sur scène à Lille pour le lancement de la campagne fin octobre (Martine Aubry, Bernard Cazeneuve) ne l’accompagnent pas, qu’importe que son “équipe de France des maires” semble aux abonnés absents, qu’importe François Hollande distille le doute quand à une éventuelle candidature… Anne Hidalgo répond : “À tous les prophètes de malheur, je dis : mais dans vos rêves !”

A 75 jours du premier tour de l’élection présidentielle, la candidate socialiste est plus que jamais dans l’impasse. La courbe des intentions de vote pour la première édile de la capitale diminue au fil des semaines et l’objectif semble aujourd’hui d’atteindre les 5%, score plancher pour pouvoir obtenir un remboursement des frais de campagne. Sans quoi le Parti socialiste deviendrait sérieusement amoché. Dans les arcanes d’une organisation qui reprenait le pouvoir il y a dix ans, l’espoir ne semble même plus là. L’estocade pourrait même être portée dimanche 30 janvier par le résultat de la Primaire populaire. Si Christiane Taubira est plébiscitée, Anne Hidalgo devrait inéluctablement se retrouver encore davantage embourbée dans les sondages, derrière l’ex-garde des Sceaux. Finira-t-elle par se ranger derrière un autre projet ? L’ancien président de la République prendra-t-il sa place ? Plusieurs options existeraient. Mais la question reste de savoir comment le PS pourra limiter la casse et sortir du marasme.

Elle “ne tiendra aucun compte” du résultat de la Primaire populaire

Elle "ne tiendra aucun compte" du résultat de la Primaire populaire - Anne Hidalgo ©ISA HARSIN/SIPA

Chronique de campagne du 21 janvier. 11h20. Anne Hidalgo déjà désolidarisée de la Primaire populaire, refuse définitivement de s’associer à l’initiative citoyenne qu’elle a tour à tour défendue puis rejetée depuis septembre 2021. La vidéo d’un cofondateur de la Primaire populaire, Samuel Grzybowski, expliquant vouloir faire barrage aux parrainages de certains candidats de gauche dont Anne Hidalgo, est le coup de grâce qui met fin à cette relation conflictuelle. La candidate socialiste se dit “très choquée” des propos tenus pour le militant. Des propos qu’elle n’aurait jamais dû entendre puisque la vidéo datée d’octobre était censée rester interne au pôle politique de la Primaire populaire. Sur France Info, ce vendredi matin, Anne Hidalgo a jugé cette prise de position “inquiétante”, “ce n’est pas ce qu’on pourrait attendre d’un mouvement citoyen pour redonner des couleurs à la vie politique”.

Anne Hidalgo fait savoir aux organisateurs de la Primaire populaire qu’ils “peuvent retirer [son] nom” même si elle ne demande pas expressément d’être retirée de la liste comme Jean-Luc Mélenchon. En revanche, elle “ne tiendra aucun compte” du résultat de la primaire et maintiendra sa candidature à l’élection présidentielle jusqu’au bout. Si cette volonté était déjà annoncée et laissait peu d’espoir de voir un ralliement de la candidate socialiste avec un autre candidat de la gauche, désormais l’hypothèse semble définitivement rejetée par la maire de Paris. Elle invite d’ailleurs les candidats “à prendre leur position qui sont les leurs, et à être candidat jusqu’au bout”.

En savoir plus

Parmi les première à s’être candidate, en mi-septembre à Rouen (Seine-Maritime), Anne Hidalgo a été investie par le Parti socialiste le 14 octobre, après avoir battu Stéphane Le Foll lors d’une primaire interne qui n’en avait que le nom. La maire de Paris semblait désignée d’avance pour représenter les socialistes lors du scrutin présidentiel. Si lors des élections municipales de 2020, elle avait annoncé qu’elle ne souhaitait pas briguer l’Elysée, l’élue de 62 ans s’est finalement lancée dans la course et entend aller au bout de son ambition avec son propre projet.

Désormais officiellement dans la course à l’Elysée, Anne Hidalgo dévoile petit à petit son programme qui s’inscrit dans une gauche “humaniste, républicaine et écologiste” comme elle l’a confié au Point. Laïque convaincue, elle ne “fer[a] pas campagne sur le wokisme”.

L’annonce de son investiture et le lancement officiel de sa candidature n’ont rien changé. Anne Hidalgo est à la peine dans les sondages depuis qu’elle est testée. La maire de Paris atteint péniblement, au maximum, les 6% d’intentions de vote et chute, selon les enquêtes, à 3% des suffrages. Elle se positionnerait ainsi derrière Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Son score pourrait ne pas dépasser celui de Benoît Hamon en 2017 (6,36%).

Native de San Fernando, en Andalousie (Espagne), le 19 juin 1959, Anne Hidalgo arrive en France en 1962 avec ses parents – des républicains espagnols – et sa grande sœur. Après avoir fui Franco, la famille s’installe à Lyon (Rhône) dans le quartier populaire de Vaise, mais personne ne parle Français. Celle qui est jusqu’ici prénommée Ana devient Anne en 1973 lorsqu’elle obtient la nationalité française. Elle est alors âgée de 14 ans.

Au cours de ses études, Anne Hidalgo décroche une maitrise de sciences sociales du travail et un DEA de droit social et syndical. En 1982, elle intègre même le concours national de l’inspection du travail, une rareté pour une femme à l’époque. Après deux ans de formation, et à tout juste 23 ans, elle occupe un premier poste à Chevilly-Larue (Val-de-Marne). Elle gravit les échelons un à un et prend la direction de l’Institut national du travail en 1989. Au cours de cette période, elle voit arriver ses deux premiers enfants (en 1986 et 1988), nés d’une première union.

Les années 1990 marquent un tournant dans sa carrière. En 1993, Anne Hidalgo intègre la délégation à la formation professionnelle du ministère du Travail, puis part en 1995 et 1996 à Genève comme chargée de mission au Bureau international du travail. Entre temps, elle intègre le Parti socialiste (1994). A son retour en France, elle devient chargée de mission auprès du directeur des ressources humaines de la Compagnie générale des eaux. Puis Martine Aubry, alors ministre de l’Emploi, la fait entrer en politique en tant que conseillère technique à son cabinet. Nous sommes en 1997 : une année marquée par sa rencontre avec son actuel mari, Jean-Marc Germain (lire plus bas). S’en suivent deux autres cabinets ministériels jusqu’en 2002 : celui du secrétariat d’Etat aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle puis du ministère de la Justice.

En 2001, le nom d’Anne Hidalgo apparaît pour la première fois dans une campagne pour les élections municipales à Paris. Candidate dans le 15e arrondissement, elle est battue par la droite mais entre au Conseil de Paris. Mieux, le maire d’alors Bertrand Delanoë (PS) la nomme première adjointe. Sept ans plus tard, le scénario est le même : la droite conserve le 15e au second tour mais le maire sortant rempile pour un mandat et maintien la Franco-espagnole (elle a la double nationalité depuis 2004) dans ses fonctions. En 2014, désignée dauphine de Bertrand Delanoë, elle est élue maire de Paris, puis confortée à nouveau en 2020.

Anne Hidalgo s’est également présentée deux fois aux élections législatives, en 2002 (12e circonscription) et en 2008 (13e), sans jamais remporter le scrutin. Elle fut par ailleurs conseillère régionale entre 2004 et 2014 et est, depuis 2016, première vice-président de la métropole du Grand Paris.

Anne Hidalgo maire de Paris

Elue maire de Paris depuis 2014, Anne Hidalgo est autant admirée que critiquée dans ses fonctions. Diriger la capitale, une immense tâche pour l’ancienne adjointe à l’urbanisme, qui n’a pas augmenté les impôts, bien que la dette communale se soit envolée à plus de 6 milliards d’euros.

Côté logements, le mandat d’Anne Hidalgo a été marqué par l’atteinte d’un seuil de 23% de logements sociaux alors que, dans le même temps, les prix de l’immobilier n’ont pas cessé d’augmenter (10 000€/m² en moyenne). L’encadrement des loyers et la régulation d’AirBnb ont aussi été mis en place.

Sur le plan des mobilités, l’élue a mené (et mène toujours) un combat pour repousser les voitures hors de Paris, la dernière mesure instaurée étant la généralisation des 30km/h dans la capitale, après avoir piétonnisé les berges de Seine. Les pistes cyclables se sont aussi considérablement développées, tout comme les services de mobilités en libre-service (vélo, trottinettes, voitures électriques), non sans créer quelques tensions entre piétons, cyclistes et automobilistes. Anne Hidalgo est également la maire qui a porté la candidature de Paris pour accueillir les Jeux olympiques 2024, avec succès, malgré un coût exorbitant.

Les opposants de la future candidate à la présidentielle lui reprochent d’avoir “enlaidi” la capitale au cours de son mandat et les remarques d’habitants lors de la campagne des élections municipales ont beaucoup tourné autour de la propreté. Le hashtag #saccageparis a d’ailleurs été abondamment partagé sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Il est également reproché à Anne Hidalgo une gestion clanique des dossiers, quand d’autres saluent son courage.

Qui est le mari d’Anne Hidalgo, Jean-Marc Germain ?

Depuis 1999, Anne Hidalgo partage sa vie avec Jean-Marc Germain. Le couple s’est rencontré en 1997 lorsque tous les deux travaillaient au cabinet de Martine Aubry, alors ministre de l’Emploi et de la Solidarité. Ensemble, ils ont un fils en 2002, Arthur Germain, qui s’est fait connaître pour sa traversée de la Manche, puis se marient en 2004.

Jean-Marc Germain était lui aussi un homme politique. Âgé de 55 ans, polytechnicien, il passe de cabinet de ministère en cabinet de ministère à la fin des années 1990, avant de rejoindre Martine Aubry à la mairie, puis à la Métropole de Lille de 2004 à 2012. Il la suit également lorsqu’elle devient première secrétaire du Parti socialiste (2008-2012).

En 2012, il se présente aux élections législatives, sur la 12e circonscription des Hauts-de-Seine. Il est élu député, puis perd son siège en 2017. Depuis, il est chargé de mission à l’INSEE.



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