Politics

malgré la ferveur des tifosi, Charles Leclerc et Ferrari passent à côté sur leurs terres d’Imola


Charles Leclerc a terminé 6e du Grand Prix d’Emilie-Romagne.

« C’est beau de revoir des gradins entièrement rouge. » Depuis un an, les circuits étaient plutôt envahis par la couleur orange, celle des fidèles du Néerlandais Max Verstappen. Comme l’a souligné Jacques Villeneuve, ex-champion du monde de Formule 1, à Imola, les tifosi de Ferrari ont communié à domicile tout au lengthy du Grand Prix d’Emilie-Romagne, dimanche 24 avril. Leur ferveur n’a cependant pas été récompensée. Leur écurie favourite est passée complètement au travers du rendez-vous italien.

Champion en titre, Verstappen a fait coup double avec sa Purple Bull en remportant la course dash, samedi, et le Grand Prix, ce dimanche. Il se exchange au classement des pilotes (2e avec 59 factors). Son coéquipier Sergio Perez a terminé deuxième tandis que le Britannique Lando Norris (McLaren) a pris la troisième place. Grâce à son doublé, l’écurie Purple Bull effectue aussi une spectaculaire remontée au classement des constructeurs : 113 factors contre 124 pour Ferrari.

L’idole locale, Charles Leclerc, preserve la première place du classement des pilotes (27 factors d’avance) mais il a commis sa première grande erreur de la saison. Alors qu’il se dirigeait vers une troisième place, plutôt satisfaisante au vu des circonstances, le Monégasque s’est montré trop gourmand. A une dizaine de excursions de l’arrivée, il a attaqué trop fort la Purple Bull de Sergio Perez et est parti en tête à queue. Reparti neuvième, il n’est parvenu qu’à remonter à une très décevante 6e place, abandonnant sept factors au championnat dans la manœuvre. Le jeune pilote de 24 ans s’est d’ailleurs excusé à la radio auprès de son équipe, une fois la ligne franchie.

« On est vraiment fanatiques »

Le premier virage du premier tour était de mauvais augure pour Ferrari, qui perdait d’emblée l’un de ses deux pilotes, l’Espagnol Carlos Sainz Junior, poussé, impuissant, dans les graviers par Daniel Ricciardo (McLaren). Leclerc connaissait aussi un départ compliqué, rétrogradant d’emblée de la 2e à la 4e place. Très vite, la clameur du public saluait son dépassement sur Lando Norris (McLaren) qui lui permettait de remonter sur un podium dont il n’a pas su se contenter. Devant, les Purple Bull de Verstappen et Perez menaient un rythme trop effréné.

Sur les bords du fleuve Santerno, en plein cœur de la Motor Valley d’Emilie Romagne – célèbre pour sa gastronomie et son industrie car de pointe –, la couleur rouge de Ferrari, solidement implantée sur ces terres, est partout présente. Pendant trois jours, ce rouge s’est essaimé autour du circuit Enzo et Dino Ferrari, à l’picture de la colline qui domine la piste, empourprée de toute cette ardour populaire.

Les murs de certains bâtiments d’Imola sont décorés de photos des Grands Prix du passé.

Invité privilégié au milieu des bolides sur la grille avant le départ, Marco Verratti, tout récent champion de France de soccer avec le PSG, résumait cette ardour : « En Italie, quand on est petit, on est vraiment fanatique de ce sport. » Un vibrant Fratelli d’Italia, l’hymne italien, était d’ailleurs repris par la foule pour encourager Ferrari. Insuffisant.

Dès la sortie de la gare d’Imola, à mesure que l’on parcourt les deux kilomètres en ligne droite jusqu’à cette cathédrale du sport car, le vrombissement des moteurs se fait de plus en plus distinct, dans cette ville dont le cœur ne bat qu’au rythme de la marque au cheval cabré. Certains prétendent qu’ils peuvent distinguer au bruit depuis le centre-ville si des voitures ou des motos roulent et même, pour les plus aguerris, le sort de moteurs.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Formule 1 : Ferrari, la renaissance d’un mythe italien

Dimanche, des trains bondés avaient déversé une multitude de spectateurs depuis Bologne, à 40 km plus à l’ouest. De retour en 2020, la course avait déjà figuré entre 1981 et 2006 au calendrier de la F1 sous l’appellation Grand Prix de San Marin, avant de disparaître pendant quatorze ans. En 1994, c’est ici, à 80 km de l’usine Ferrari à Maranello, qu’Ayrton Senna et Roland Ratzenberger avaient trouvé la mort durant le même week-end tragique de course.

Sur le chemin vers le circuit, trattoria, pasticceria ou caffè arborent des drapeaux rouges Ferrari. Aux murs des bâtiments communaux, des photographs du passé ornent les murs. Comme une relique conservée, une devanture présente même la combinaison d’un ex-pilote Ferrari, celle utilisée par Eddy Irvine lors de ses premiers checks avec le constructeur (1996-1999). La police expose même sur la place centrale son bolide, une Lamborghini, dont l’usine de manufacturing est toute proche. « Et pourquoi pas une Ferrari ? », remarquait Luigi, chauffeur de taxi qui confirmait que l’on peut croiser cet engin sur les routes des environs toute l’année.

Une Lamborghini de la police italienne est exposée sur la place centrale d’Imola.

« C’est notre année »

Vendredi, au matin pluvieux des premiers essais libres, Mattia, un jardinier d’Imola, affichait un grand sourire lorsqu’on évoque la renaissance de son écurie de cœur, qui courtroom après un titre de champion du monde depuis 2008 [celui de constructeurs] et depuis 2007 [celui des pilotes]. « C’est notre année, lâche-t-il. Chaque fois que le week-end du Grand Prix arrive, c’est magnifique quand la ville se pare de rouge. » Comme un présage, un fan anglais affichait un tee-shirt de Kimi Raïkkönen, le pilote finlandais qui a le dernier triomphé au classement des pilotes au volant d’une Ferrari en 2007.

Cette saison, les espoirs des fidèles de la célèbre marque rouge sont bien réels. Avant le départ, une victoire de Charles Leclerc ne tenait pas du miracle malgré sa deuxième place sur la ligne de départ. La veille, le Monégasque avait terminé 2e de la course dash derrière son rival Max Verstappen, champion du monde en titre. Aujourd’hui, il n’a jamais été en mesure de se battre pour la victoire.

Lire aussi : Formule 1 : « La Ferrari se comporte telle qu’on l’a pensée, dessinée et développée »

Pour sa quatrième saison au volant d’une Ferrari, c’est la première fois que Charles Leclerc peut enfin se mêler à la lutte pour le titre suprême. « On va apprendre de ce qui vient de se passer et nous reviendrons plus fort », le consolait son ingénieur à la radio après la course. Nul doute qu’il saura en tirer les leçons dès le prochain Grand Prix, à Miami, dimanche 8 mai.



Supply hyperlink

Leave a Reply

Your email address will not be published.

close