Politics

Marseille boucle la révolution de sa haute administration et tourne la page de l’ère Gaudin


C’est un tsunami qui a emporté la haute administration de la ville de Marseille. Une vague d’où émerge, dix-huit mois après la victoire du Printemps marseillais aux municipales de 2020, un nouvel organigramme repensé dans ses attributions et presque totalement renouvelé sur le plan humain.

« C’est une réforme inédite dont je ne pense pas qu’il existe l’équivalent dans une autre collectivité. Une restructuration nécessaire pour remettre en état de marche une administration qui était en souffrance depuis trop longtemps », jauge le maire socialiste Benoît Payan, arrivé aux manettes en décembre 2020, après l’échange de son poste de premier adjoint avec l’écologiste Michèle Rubirola.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés A Marseille, la mairie dénonce l’« héritage financier catastrophique » de l’ère Gaudin

Lancée officiellement par une délibération du conseil municipal le 8 février 2021, renforcée par un second texte validé le 9 juillet, la rénovation de la haute administration marseillaise est radicale. Les treize directions générales adjointes (DGA) que comptait la ville pendant le dernier mandat de Jean-Claude Gaudin (Les Républicains) laissent place à sept DGA dont les périmètres ont été en grande partie restructurés, concentrant les compétences.

Une seule direction générale adjointe reste pilotée par la même personne : la DGA « ville protégée » dirigée par le commandant du bataillon des marins-pompiers, le contre-amiral Patrick Augier. Un militaire, nommé en collaboration avec l’Etat, qui travaille très étroitement avec les nouveaux élus marseillais depuis le début de la crise sanitaire. Les autres directeurs généraux, souvent des anciens compagnons de route de Jean-Claude Gaudin, ont été poussés vers la sortie. « Dès notre arrivée, nous savions qu’il faudrait agir sur l’administratif pour enclencher le nouveau cycle politique. Ces postes sont les garants de l’application des nouvelles orientations municipales. On ne peut pas garder des amis de M. Gaudin et espérer que cela se passe bien », reconnaît Arnaud Drouot, le directeur de cabinet du nouveau maire. « On a une certaine administration qui n’avait pas compris que la mairie de Marseille avait changé de majorité », a lâché il y a un an, en plein conseil municipal, l’ex-sénatrice Samia Ghali.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés A Marseille, la mairie dénonce l’« héritage financier catastrophique » de l’ère Gaudin

« On les a surnommés “Robespierre” »

A l’échelon des directions de service, l’ampleur des modifications est tout aussi inédite : « Nous sommes passés de plus de soixante-dix directions à une trentaine. Et tous les postes ont été remis en question », détaille Olivia Fortin, adjointe chargée du fonctionnement et de la transparence de l’action publique. Les têtes ont roulé, les services sont restructurés. « Tous les directeurs étaient tétanisés, même ceux qui n’avaient pas démérité », témoigne un ancien de la machine administrative municipale, chamboulé. Les syndicats y ont vu une reprise en main brutale. « Au début, on les a surnommés Robespierre. On peut comprendre la volonté politique de changement, mais y avait-il nécessité de remplacer tout le monde ? », interroge Patrick Rué, secrétaire général de FO pour les agents territoriaux marseillais. Son syndicat, majoritaire à Marseille, a d’ailleurs voté contre la refonte des DGA lors du comité technique.

Il vous reste 57.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

close