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menaces de mort et agressions se multiplient contre les députés de la majorité


L’hémicycle de l’Assemblée nationale avant l’examen du projet de loi visant à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal, le 3 janvier 2022.

Ces dernières semaines, les menaces et les agressions contre les parlementaires n’ont cessé de proliférer sur fond de crise sanitaire. Garage et voitures incendiés, tags, messages d’intimidation, promesse de décapitation… Alors que les députés examinent lundi 3 janvier le projet de loi visant à transformer le passe sanitaire en passe vaccinal, ce sont précisément les dispositifs sanitaires adoptés par les élus et la politique sanitaire du gouvernement qui sont à l’origine d’une nouvelle vague de violences. Sont ainsi particulièrement ciblés les députés de la majorité présidentielle.

Si ces menaces et agressions sont difficiles à quantifier, faute de remontées systématiques, elles inquiètent les partis et les parlementaires. Ainsi, en séance à l’Assemblée nationale lundi après-midi, le ministre de la santé, Olivier Véran, venu défendre le projet de loi, a rappelé son « soutien indéfectible aux élus ». La présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet (La République en marche, LRM), avait déjà, la semaine précédente, lancé un appel à ses collègues des bancs du Palais-Bourbon : « Je voudrais que nous dénoncions ensemble ces agissements. »

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Damien Abad, président du groupe Les Républicains (LR), a également condamné lors d’une conférence de presse, lundi, « toutes les menaces envers les députés ». « Il n’y a pas de mandat impératif, chacun est libre de son vote », a-t-il souligné pour rappeler la liberté de scrutin des parlementaires.

Des menaces de morts par dizaines et des plaintes déposées

La dernière agression spectaculaire d’un député de la majorité recensée s’est produite le 29 décembre : le garage personnel du député de l’Oise Pascal Bois, à Chambly, a été endommagé par un incendie tandis que des inscriptions hostiles, possiblement liées au passe vaccinal, ont été taguées sur un mur d’enceinte de son domicile.

Depuis, plusieurs autres députés ont rendu publics des messages de menace reçus, à l’instar de la députée de Seine-Maritime Agnès Firmin Le Bodo, porte-parole du parti Horizons, qui a été menacée de décapitation dans un courriel. Elle a partagé un extrait du message sur Twitter affirmant qu’« aucune menace ne dictera[it] [s]a façon de voter. Il ne faut rien laisser passer, ne pas s’habituer », appelant à une mobilisation de la classe politique.

Jacques Krabal (LRM), député de l’Aisne, a porté plainte après avoir reçu un courriel d’un certain « onvatetuer » lui promettant « une décapitation sur la voie publique » et l’élimination d’« Emmanuel Macron, mais aussi [des] députés, juges, procureurs, magistrats, ministres, sages du Conseil constitutionnel qui ont collaboré sur ces dernières gouttes de trop ». Des menaces similaires à celles reçues par le député de Moselle Ludovic Mendes, élu de la majorité, qui avait été menacé de décapitation à la fin de novembre. Les députés de la majorité Denis Sommer (Doubs) et Barbara Bessot-Ballot (Haute-Saône) ont révélé il y a quelques jours sur Facebook avoir reçu des menaces de mort.

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Le député de la Manche Bertrand Sorre (LRM) a, lui, porté plainte pour des menaces sur Facebook, comme le député du Finistère Erwan Balanant (Mouvement démocrate et démocrates apparentés, MDDA), qui a reçu des menaces de mort par courriel émanant de personnes se revendiquant antivax. « Il ne faut rien laisser passer », a affirmé dans un communiqué l’élu de Vendée Patrick Loiseau (MDDA), qui va lui aussi porter plainte pour menaces de mort, tout comme sa collègue du Loiret Stéphanie Rist (LRM), le député de Meurthe-et-Moselle Laurent Garcia (MDDA) et les députés de la Loire Jean-Michel Mis (LRM) et Valéria Faure-Muntian (LRM).

Enfin, la présidente déléguée du groupe LRM, Aurore Bergé, a annoncé avoir porté plainte pour un tweet la comparant aux femmes tondues pour collaboration après la seconde guerre mondiale. Elle a dénoncé les intimidations qui visent « à ce que les parlementaires ne se sentent plus libres de voter en leur âme et conscience », dans une interview donnée au Journal du dimanche, le 1er janvier. Elle y a notamment appelé les candidats à l’élection présidentielle à « demander à leurs propres militants d’être extrêmement vigilants sur leurs actions et paroles sur les réseaux sociaux ».

Un « point précis » attendu dans les semaines à venir

Face à ces messages de haine, menaces et agressions, les élus de la majorité demandent notamment une « condamnation unanime » . Ils exigent que soient dénoncés des tweets comme celui du candidat d’extrême droite Florian Philippot où il menace de « communiquer abondamment sur les noms des coupables », en d’autres termes les députés qui approuveront le passe sanitaire.

Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand (LRM), doit faire un « point précis » durant le mois de janvier avec les ministres de l’intérieur, Gérald Darmanin, et de la justice, Eric Dupond-Moretti, au sujet de ces menaces et actes, mais la date n’est pas fixée. A la fin de novembre, une référente a été désignée au sein des services de l’Assemblée nationale pour « recueillir les signalements » et « conseiller » les députés.

Mais ces agressions ne se limitent pas aux parlementaires. A la fin de novembre, c’est la voiture du maire de Briançon, Arnaud Murgia (LR), qui avait été incendiée. Dans la nuit du 6 au 7 décembre, c’est Bernard Denis, maire délégué de Saint-Côme-du-Mont, dans la Manche, qui avait été menacé de mort et vu deux de ses véhicules incendiés. Le président de l’Association des maires de France (AMF) et maire de Cannes, David Lisnard, doit lui aussi rencontrer dans les prochaines semaines le garde des sceaux pour évoquer ce dossier.

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Le Monde avec AFP





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