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Mort de la petite Laly à Périgueux : l’enseignante a-t-elle fauté ?


Ce 31 mars, la cour d’appel de Bordeaux jugeait une enseignante, Élisabeth Jaccard, 51 ans, poursuivie pour murder involontaire après la mort de l’une de ses élèves. Le 8 janvier 2015, Laly, une fillette de 8 ans atteinte…

Ce 31 mars, la cour d’appel de Bordeaux jugeait une enseignante, Élisabeth Jaccard, 51 ans, poursuivie pour murder involontaire après la mort de l’une de ses élèves. Le 8 janvier 2015, Laly, une fillette de 8 ans atteinte de trisomie, a été défenestrée par l’un de ses camarades du même âge, à l’école du Sacré-Coeur, à Périgueux. L’enfant est décédée le lendemain, des suites de sa chute.

L’institutrice, qui était également directrice de l’école à l’époque, a été relaxée en première occasion, en 2020. Les magistrats ont estimé qu’elle n’avait pas une info suffisante sur la dangerosité de l’écolier qui a « jeté » Laly par la fenêtre. Le parquet a fait appel.

« Si j’avais su »

Le drame s’est noué un jeudi, vers 11 h 30. L’auxiliaire de vie scolaire vient de prendre sa pause déjeuner. Élisabeth Jaccard se trouve seule avec huit enfants de sa classe d’insertion scolaire (Clis). Des élèves souffrant de handicaps, âgés de 7 à 11 ans, dont Laly et Théo. À la fin d’un exercice, elle autorise Théo à sortir de la classe pour se rendre dans une salle de jeux attenante, porte ouverte. Quelques instants plus tard, elle fait de même pour Laly et l’une de ses copines.

Les trois enfants restent seuls « moins de cinq minutes », guarantee Élisabeth Jaccard. « Je ne suis pas sortie de ma classe. Je n’ai rien entendu d’anormal. Je ne voyais pas les enfants dans la pièce d’à côté. Ça me hante », explique-t-elle devant la cour, la voix cassée par l’émotion.

En rentrant dans la salle de jeux, l’institutrice voit Théo fermer la fenêtre et constate que Laly n’est pas dans la pièce. Elle s’approche de la fenêtre et découvre l’horreur : la fillette gît sur le goudron de la cour, 6 mètres plus bas. Elle succombera à ses blessures au CHU de Bordeaux. Devant les enquêteurs, Théo tient des propos glaçants : « Je l’ai jetée par la fenêtre parce qu’elle était plus petite que moi et que je ne l’aimais pas. »

Les investigations révèlent que le garçon est atteint d’une pathologie psychotique diagnostiquée dès son plus jeune âge, a subi des violences sexuelles et, deux ans avant le drame, alors qu’il est placé en famille d’accueil, a poussé une fillette de 2 ans par-dessus un balcon. L’enfant avait été grièvement blessée.

Mais de tout cela, Élisabeth Jaccard n’en a jamais été informée. L’aide sociale à l’enfance de Dordogne (ASE), service du Département qui suivait Théo, n’en a parlé ni à la nouvelle famille d’accueil, ni à l’équipe d’enseignants. Mise en trigger au cours de l’info judiciaire, l’ASE n’a finalement pas été inquiétée, l’argument invoqué du « secret professionnel » ayant été validé au cours de la procédure.

« Si je l’avais su, j’aurais refusé d’inscrire cet enfant dans notre école, sachant que notre Clis était située à l’étage, donc pas adaptée », guarantee Élisabeth Jaccard, convaincue que l’ASE a « délibérément » caché ces éléments. « Moralement, l’ASE a complètement failli », convient Me Daniel Lamazière, l’avocat de la famille de Laly Baril, partie civile. « Le tribunal administratif de Bordeaux a d’ailleurs reconnu la responsabilité sans faute du Département et alloué des dommages et intérêts à mes shoppers, poursuit l’avocat. Reste que le jugement de relaxe d’Angoulême a mêlé les fautes morales de l’ASE et des données qui étaient en possession de Madame Jaccard et constituent une faute de sa half. »

Là est la query centrale : l’institutrice a-t-elle commis une faute caractérisée exposant la jeune Laly à un risque d’une particulière gravité qu’elle ne pouvait ignorer ?

Défaut de surveillance

L’avocate générale Céline Raignault rappelle « le devoir de surveillance de l’enseignant » et revient sur des précédents de violences du jeune Théo, connus, eux, de l’enseignante. Avant les faits, il avait déjà poussé Laly dans les escaliers. Elle savait qu’il pouvait se montrer violent « avec les plus petits que lui ». Laly pesait 13 kilos et mesurait 96 centimètres. Quelque temps avant le drame, dans ses notes, Élisabeth Jaccard indiquait que Théo devenait « ingérable ».

« À mon sens, le devoir de surveillance n’a pas été respecté et a été couplé à la connaissance d’un risque potentiel. Ces deux notions caractérisent la faute », juge la Justice of the Peace qui a requis surtout pour la déclaration de culpabilité et demandé trois mois de jail avec sursis. « On peut toujours imaginer le pire. Mais remark imaginer la défenestration par un enfant de 8 ans d’une petite fille du même âge ?, lance Me Lionel Béthune de Moro, en défense, plaidant la affirmation de la relaxe.



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